Écouter une histoire, est-ce que ça compte comme lire ?

Un enfant, casque sur les oreilles et yeux fermés, écoute une histoire avec un grand sourire.
Écouter une histoire, c'est déjà apprendre à la comprendre.

Votre enfant adore écouter des histoires, mais vous vous demandez si ça « vaut » une vraie lecture ? Bonne nouvelle : l'écoute nourrit le vocabulaire, la compréhension et le goût des histoires, surtout chez les enfants qui trouvent la lecture difficile. Voici ce que ça apporte, et comment en faire un allié de la lecture.

Il y a des enfants qui dévorent les livres. Et il y en a d'autres qui, dès qu'on sort un livre, demandent plutôt : « Tu peux me la raconter ? » ou « On peut l'écouter ? » Si vous avez un enfant comme ça, vous vous êtes peut-être déjà demandé, avec un petit pincement : est-ce que ça compte vraiment ?

La réponse courte : oui. La réponse longue vaut la peine d'être lue, parce qu'elle change la façon dont on peut accompagner un enfant qui aime les histoires sans aimer les lire.

Ce qui se passe dans la tête d'un enfant qui écoute

Quand on lit, le cerveau fait deux choses en même temps : il décode les lettres pour en faire des mots, et il comprend ce que ces mots racontent. Chez un enfant qui apprend à lire, le décodage prend presque toute la place. Il arrive au bout de la phrase, essoufflé, et il a oublié le début.

Quand il écoute, le décodage disparaît. Il reste la compréhension, et elle a toute la place. L'enfant suit l'histoire, retient les personnages, devine la suite, apprend des mots nouveaux dans leur contexte. C'est exactement le même travail qu'un bon lecteur fait sans effort. Autrement dit, écouter une histoire, c'est s'entraîner à comprendre, et comprendre, c'est la moitié de la lecture.

Les enseignants le constatent chaque année : un enfant à qui on a beaucoup raconté d'histoires arrive à l'école avec un vocabulaire plus riche et une meilleure idée de la façon dont une histoire se construit. Même s'il ne lit pas encore un mot.

Pour certains enfants, c'est la porte d'entrée

Il y a des enfants pour qui lire est vraiment difficile : ceux qui ont une dyslexie, ceux qui ont des troubles de la vue, ceux qui apprennent le français en même temps qu'ils apprennent à lire. Pour eux, l'écoute n'est pas un raccourci. C'est la seule façon d'avoir accès aux mêmes histoires que les autres, au même âge, sans être toujours en retard d'un livre.

Et c'est important, parce que le goût des histoires vient avant le goût de lire. Un enfant qui a aimé cent histoires en les écoutant aura une bonne raison de vouloir les lire lui-même un jour. Un enfant à qui on a dit « tu liras quand tu sauras lire » risque de ne jamais avoir envie d'essayer.

Comment faire de l'écoute un allié de la lecture

Écouter, c'est bien. Écouter en regardant le texte, c'est encore mieux. Voici quelques façons simples de relier les deux, sans en faire un devoir :

  • Suivez avec le doigt. Quand vous lisez à voix haute, laissez votre enfant voir la page et glissez le doigt sous les mots. Il finit par faire le lien entre ce qu'il entend et ce qu'il voit, sans qu'on le lui explique.
  • Alternez. Vous lisez une page, il lit une phrase. Ou il lit juste les mots qu'il reconnaît, et vous faites le reste. L'histoire continue d'avancer, et il y participe.
  • Réécoutez une histoire connue, texte sous les yeux. Comme il la connaît déjà, il peut deviner les mots. C'est de la lecture avec un filet de sécurité.
  • Parlez-en après. « C'était qui, ton préféré ? », « Tu aurais fait quoi, toi ? » Une histoire dont on discute se grave mieux, et les mots nouveaux ressortent dans la conversation.

Lire, écouter, ou les deux

Sur Monistoire, chaque histoire peut être lue ou écoutée, et le texte reste affiché pendant l'écoute. L'enfant qui lit bien peut lire. Celui qui apprend peut suivre les mots pendant que la voix les dit. Celui pour qui c'est difficile peut simplement écouter, et profiter de l'histoire comme tout le monde. Et quand votre enfant crée sa propre histoire dans le Studio, il peut aussi générer une version audio.

Alors la prochaine fois qu'il demande « Tu peux me la raconter ? », dites oui sans pincement. Il n'est pas en train d'éviter la lecture. Il est en train d'y entrer par une autre porte.